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Sanctuaire de la Virgen de la Fuente

Un ensemble architectural qui traverse différentes époques et styles, du gothique médiéval au baroque, au cœur du Matarraña.

Histoire et architecture du sanctuaire de la Fuente

Le sanctuaire de la Virgen de la Fuente, à Peñarroya de Tastavins, s'élève dans un cadre d'une grande beauté naturelle, lié à la légendaire apparition de la Vierge. Cet ensemble architectural est un fascinant voyage à travers différentes époques.

L'ermitage gothique du XIVe siècle

Dans la partie la plus élevée, on trouve la construction la plus ancienne : un ermitage de style gothique datant du XIVe siècle. Ce joyau architectural a résisté à l'épreuve du temps, témoin silencieux de la riche histoire du sanctuaire et du Matarraña.

L'hôtellerie (hospedería) Renaissance

Adossée à l'ermitage gothique se dresse l'hôtellerie (hospedería), un bâtiment en forme de U qui, avec sa cour intérieure et ses arcades, rappelle un cloître. Construite entre les XVIe et XVIIe siècles, elle a été agrandie au fil du temps, créant un ensemble harmonieux et fermé.

L'ermitage baroque du XVIIe siècle et la source

À une altitude inférieure, là où jaillit la source qui donna naissance au sanctuaire, fut édifié au XVIIe siècle un ermitage de style baroque aux dimensions plus importantes. Celui-ci intègre la fontaine dans sa structure, avec un corps rectangulaire ouvert par des arcades. Un imposant escalier relie ces deux époques et styles, surmontant le dénivelé et unissant les différentes parties de l'ensemble. En résumé, le sanctuaire de la Virgen de la Fuente est un témoignage de l'évolution architecturale, du gothique médiéval au baroque, un lieu de foi et d'art au cœur du Matarraña.

Galerie d'images du sanctuaire

Découvrez la beauté architecturale et le cadre naturel du sanctuaire de la Virgen de la Fuente à Peñarroya de Tastavins à travers ces images qui témoignent de son évolution et de son charme.

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Quels éléments architecturaux relient les différentes époques du sanctuaire de la Fuente ?

Le sanctuaire de la Virgen de la Fuente est un fascinant ensemble architectural qui mêle le gothique médiéval de son ermitage le plus ancien avec la splendeur baroque de son ermitage du XVIIe siècle. À une altitude inférieure, là où la source donna naissance à la dévotion, l'ermitage baroque s'intègre à la fontaine, ouverte par d'élégantes arcades. Un majestueux escalier surmonte le dénivelé, unissant harmonieusement les deux parties et styles, témoignant d'une évolution architecturale qui a enrichi ce lieu sacré au fil des siècles à Peñarroya de Tastavins.

L'ensemble du sanctuaire : histoire, légende et décoration

Le sanctuaire de la Virgen de la Fuente est formé d'un ensemble de bâtiments parmi lesquels se distingue l'ermitage d'en Haut. Adossé à l'ermitage fut aménagé un cloître entouré de bâtiments qui abritent aujourd'hui une hôtellerie (hospedería), l'Office de Tourisme et le Centre d'interprétation du Porcino. En dehors de cet enceinte, et relié à lui par deux accès, se trouve l'ermitage d'en Bas, de style baroque, avec un portique à l'extérieur de l'abside d'où jaillit une fontaine à quinze jets.

Parmi le riche répertoire de légendes et de traditions de la ville de Peñarroya de Tastavins, celle qui entoure l'origine de ce sanctuaire est l'une des plus chéries et des plus enracinées. Cette première construction subit d'importants dommages lors des crues de la rivière et, en 1341, fut fondée la confrérie de la Vierge de la Fuente pour construire un nouvel ermitage plus en hauteur, l'actuel ermitage gothique. Le premier confrère fut le roi Pedro IV d'Aragon, qui visita l'ermitage cette même année.

L'affluence de pèlerins et de visiteurs allant croissant, il fut décidé au XVIe siècle de construire une hôtellerie (hospedería) attenante et un nouvel ermitage, celui d'en Bas, avec des murs pour le protéger de la rivière. Il convient de préciser que ces derniers travaux ne s'achevèrent qu'à la fin du XVIIIe siècle et que le nouvel ermitage relégua alors l'ancien dans les offices religieux.

L'ermitage d'en Haut

L'ermitage d'en Haut est le bâtiment le plus ancien conservé du sanctuaire. Sa construction débute en 1341, après que l'ermitage d'origine, édifié le siècle précédent et situé plus bas, là où selon la légende fut trouvée la Vierge, eut subi les dégâts d'une crue.

La décoration gothique qui subsiste est d'une grande richesse. Sur les chapiteaux des archivoltes du portail sont représentées, à la manière d'une frise continue, de nombreuses scènes du nouveau testament ; côté gauche : les Noces de Cana, l'Annonce aux bergers, la Présentation au temple, la Fuite en Égypte et le Songe de Joseph ; et côté droit : Jésus en croix, la Guérison de l'hémorroïsse et l'Adoration des Mages. Les figures de part et d'autre de la Vierge qui couronne l'arcade représentent très probablement des personnages de l'ordre de Calatrava, lequel gouvernait la ville.

La charpente mudéjare

La charpente mudéjare est l'un des exemples les plus impressionnants de la charpente mudéjare aragonaise. Elle présente une intéressante décoration où se distinguent la croix de Calatrava et d'autres motifs héraldiques accompagnés de visages humains d'une grande simplicité stylistique.

La charpente mudéjare qui couvre les cinq travées de la nef offre une disposition différente dans les deux premières travées de l'abside de celle que l'on observe dans les trois dernières. Il s'agit d'une charpente mudéjare à deux versants, bien que sa structure ne soit pas à proprement parler de parhilera, car elle est essentiellement soutenue par quatre robustes arcs-diaphragmes ; en réalité, structurellement, c'est comme un alfarje disposé dans le plan incliné des deux versants, à base de jácenas principales dans le sens longitudinal, reposant sur les arcs-diaphragmes, tandis que les secondaires ou jaldetas assument la disposition des pares ou alfardas dans l'armature de parhilera, à la manière de pans inclinés. La charpente mudéjare aragonaise se caractérise par l'utilisation habituelle des plafonds plats ou alfarjes, et l'on utilise ici leur structure pour couvrir, sur arcs-diaphragmes, les plans inclinés des deux versants, ce qui permet l'emploi de poutres de moindre équarrissage.

Les trois dernières travées de la nef ne présentent pas la fausse panne faîtière des deux premières, mais ferment leur partie supérieure par un faux almizate ou harmeruelo, montrant dans cette partie le profil intérieur des charpentes de par y nudillo, à la manière d'un auge renversé. Précisément la quatrième travée depuis l'abside, à laquelle s'ouvre la porte d'accès côté sud, qui est ainsi la mieux éclairée naturellement, concentre la décoration la plus soignée : son faux almizate est réalisé à base de nœuds à quatre octogonaux formant des étoiles à huit branches combinées avec des croix, le tout non apeinazado, mais labrado dans les planches de bois, à la manière ataujerada, tandis que dans les pans de cette travée la volige qui la ferme est décorée de nœuds à six, pour la décoration desquels le bois a été agrimilado de la même manière que les murs dans la décoration des parois.

Ainsi donc, d'un point de vue structurel et décoratif, cette charpente mudéjare de Peñarroya de Tastavins se trouve assez éloignée des complexités structurelles de la charpente de armar de tradition almohade, analysées dans l'armature de par y nudillo de la charpente mudéjare de la cathédrale de Teruel, corroborant la formation d'une école régionale de charpente mudéjare en Aragon, dans laquelle prédominent les formules structurelles simples des alfarjes ainsi que la décoration ataujerada et rapportée. La porte de l'ermitage, à deux vantaux, est décorée de la même manière que le faux almizate de la quatrième travée.

Gonzalo Borrás Gualis affirme que l'ensemble constitue un exemplaire du plus grand intérêt, déjà mis en valeur par la charpente mudéjare pour les structures de l'architecture gothique levantine. C'est l'importante manifestation d'un processus évolutif dans lequel la charpente mudéjare aragonaise s'est isolée des grands ateliers de tradition almohade, développant une personnalité propre qui se caractérise par la simplicité structurelle et ornementale, s'adaptant admirablement au milieu artistique dans lequel elle évolue.

La charpente mudéjare comme la porte d'accès doivent être situées chronologiquement à la fin de la période de construction de l'ermitage, qui selon Santiago Sebastián daterait du deuxième quart du XIVe siècle. Cette date serait confirmée par l'existence de témoignages documentaires indirects, ainsi que par les éléments ornementaux, héraldiques et artistiques.

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